Un portail immobilier annonce ce mois-ci que la conversation a détrôné le formulaire. Sur son site, son assistant IA pèserait désormais près de six recherches sur dix.
Le chiffre est sans doute juste. La conclusion, je n’y crois pas. Je cherche une maison en Charente, et je ne parle à l’assistant d’aucun portail. Je parle au mien.
Mes critères n’ont rien d’original : un secteur, un budget, un DPE, une distance raisonnable d’une ville et de mon travail. Un formulaire en fait des cases, et chaque case est une porte : on est dedans ou dehors.
Mon assistant ne trie pas, il classe. Il lit les annonces là où elles sont, sur plusieurs sites, et me les rend dans l’ordre de ce qui compte pour moi. Surtout, il me signale ce que j’aurais laissé passer. Plusieurs fois, il m’a remonté des maisons dont l’annonce n’affichait pas de DPE, alors que le reste correspondait. Un filtre les aurait sans doute écartées. Lui en a fait des questions. Chaque fois, j’ai contacté le propriétaire : lui seul avait la réponse.
Le portail s’était placé entre l’acheteur et les annonces. L’assistant se place entre l’acheteur et l’information, et il va la chercher là où elle se trouve : chez ceux qui connaissent la maison.
Le portail garde les annonces. Il perd la conversation, sans pouvoir le mesurer : l’acheteur qui arrive avec son propre assistant ne laisse aucune trace dans ses statistiques.
Le mois dernier, j’écrivais que le portail n’était plus une destination, mais une source dans la réponse de quelqu’un d’autre. Côté acheteur, je vois la même chose, en plus net.
Un intermédiaire est-il en train d’en remplacer un autre ? Je crois que oui.
